Tuer le piéton ou le conducteur : le dilemme insoluble de la voiture autonome
Qui dit véhicule autonome dit prise de décision par un ordinateur pour ce qui était autrefois choisi par le cerveau humain du conducteur. Moins d’erreurs de conduite en perspective? Oui, mais des choix qui peuvent aussi vous tuer.
Car c’est à un dilemme éthique majeur que doivent répondre aujourd’hui répondre les concepteurs des intelligences artificielles des véhicules: que faire en cas de danger inévitable avec à la clé un accident? Qui doit être protégé en priorité?
La rationnalisation absolue de la conduite pourrait permettre en effet, selon plusieurs études, être réduits de 90%, avec en plus un trafic fluidifié et moins de pollution. Mais en ville, les voitures autonomes "auront parfois à choisir entre deux maux, comme renverser des piétons ou se sacrifier elles-mêmes et leurs passagers pour sauver ces [mêmes] piétons", écrivent des scientifiques de la revue Science.
Des chercheurs de l'université de Toulouse, de l'Oregon et du MIT ont publié les résultats d'une étude autour des voitures sans pilote. Ils ont demandé à 2.000 Américains de choisir qui, entre piétons et passagers, doivent être sacrifiés dans le cas où une voiture autonome ne peut éviter une collision catastrophique.
Le résultat est largement en faveur du piéton: 75% des sondés pensent ainsi que le véhicule autonome devrait, dans un cas extrême, se détoruner du piéton, quitte à finir dans un mur et tuer le conducteur. Sauf que, dans la réalité, les cas peuvent être plus subtils. Quid en effet si les piétons en question sont par exemple des voleurs en fuite courant sur la chaussée? Cela vaudra-t-il vraiment le coup de tuer un conducteur pour les épargner? Moins sûr, d’autant que la voiture intelligente ne le sera peut-être pas au point de reconnaître instantanément le piéton innocent du malfaiteur en fuite.
D’autant que ce genre de problèmes éthiques à le mérite de faire réflechir ceux qui sont poussés à se les poser: selon la même étude, lorsque l’on pose, après tous ces dilemmes, la question de savoir si les sondés achèteraient une voiture intelligente, l’adhésion ne recueille qu’un modeste 30%...
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