Corruption : Kohler, bras droit de Macron, visé par une plainte d'Anticor


L'éminence grise d'Emmanuel Macron sera-t-elle rattrapée par ses liens familiaux? Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, est visé par une plainte de l'association Anticor déposée vendredi 1er au parquet national financier pour "prise illégale d'intérêt", "trafic d'influence" et "corruption passive."
C'est désormais la justice qui va décider si une enquête préliminaire doit être ouverte contre celui que Le Monde décrit sobrement comme "le plus puissant fonctionnaire de France". Pour justifier sa plainte, l'association anticorruption s'appuie une enquête du site Mediapart, publiée début mai. Cette dernière établit des liens familiaux entre Alexis Kohler et la famille Aponte, propriétaire de l'armateur italien MSC, important client des chantiers navals STX de Saint-Nazaire. Enterprise avec laquelle l'Etat français a mené des négociations au cours des dernières années alors que le conseiller occupait des fonctions au sein du ministère de l'Economie.
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Pour démontrer ces liens étroits, Anticor rappelle que ce haut fonctionnaire a voulu à deux reprises rejoindre l'armateur après avoir été directeur adjoint de cabinet au ministère de l'Economie. La première fois, en avril 2014, la commission de déontologie s'y était opposée. En août 2016, quand Emmanuel Macron avait quitté Bercy, Alexis Kohler avait finalement obtenu un feu vert et avait rejoint MSC Croisières au poste de directeur financier.
Anticor souhaite donc savoir si l'actuel secrétaire général de l'Elysée est intervenu dans les tractations autour des chantiers STX, ayant eu à représenter l'Etat français.
Un questionnement balayé d'un revers de la main par l'Elysée qui assure qu'Alexis Kohler a "toujours respecté l'ensemble des règles" et "informé sa hiérarchie des situations dans lesquelles il aurait pu se trouver en conflit d'intérêt".
Invité sur Public Sénat ce lundi 4 au matin, Christophe Castaner a expliqué qu'Anticor avait le droit de saisir la justice "si elle a un doute", mais pour autant il n'a pas souhaité parler d'affaire Kohler. Et de conclure sur un lapidaire: "Je ne qualifie pas «d'affaire» le fait qu'une structure, Anticor, qui est habituée à cela, multiplie les initiatives et les perde souvent".
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