La dette publique de la France atteint un nouveau record de 3 305 milliards d’euros, le déficit se creuse


Le déficit se creuse et la dette publique grimpe. Jeudi, l’Insee a mis un terme aux spéculations en révélant que le déficit public français atteint 5,8% du PIB en 2024, un chiffre plus favorable que les prévisions du gouvernement, tout en confirmant une dette publique record de 3 305 milliards d'euros, mettant ainsi fin aux incertitudes et aux prévisions optimistes de l’exécutif. “Ça n’est pas une bonne nouvelle, c’est un déficit trop élevé”, reconnaît Eric Lombard, ministre de l’Économie.
Le déficit public français pour l'année 2024 a été au cœur de nombreuses spéculations et révisions au cours des derniers mois. Initialement prévu à 4,4% du PIB dans le projet de loi de finances présenté à l'automne 2023, ce chiffre a connu plusieurs ajustements significatifs, reflétant les difficultés économiques croissantes auxquelles la France est confrontée.
Le déficit s’établit à près de 170 milliards d’euros
Au printemps 2024, le gouvernement précédent, sous la direction de Bruno Le Maire à Bercy, avait déjà revu à la hausse cette estimation, la portant à 5,1% du PIB. Cette première révision laissait présager une détérioration plus importante que prévue des finances publiques françaises. Cette augmentation du déficit équivaut à une détérioration d'environ 50 milliards d'euros en seulement quelques mois.
Le Conseil des ministres sous Michel Barnier venait enfoncer le clou en déclarant que le déficit public risquait de dépasser les 6% du PIB en 2024, suscitant l’ire de Bruno Le Maire, alors accusé de “faute”, de “dissimulation” et de “volonté de tromperie”, qui estimait ce chiffre comme un” choix du gouvernement”.
Le déficit public s'est ainsi établi à 5,8% du PIB, soit 169,6 milliards d’euros pour l'année 2024, selon l’Insee. Un chiffre sommes toutes inférieur aux 6,1% redoutés mais qui représente tout de même une déroute eut égard aux 5,4% enregistrés en 2023 et aux 4,7% de 2022. “Ça n’est pas une bonne nouvelle, c’est un déficit trop élevé, c’est pourquoi nous devons le réduire”, a alerté le ministre de l’Économie Éric Lombard, évoquant un “enjeu de souveraineté”.
Il explique ce taux inférieur aux prévisions par le fait que “les dépenses ont été très bien tenues” sous l’éphémère Premier ministre Michel Barnier. La semaine dernière lors d’une audition à la commission des finances du Sénat, il déclarait que les prévisions budgétaires s’éclaircissaient. “Les dernières informations comptables semblent plus positives. Nous avons de bonnes nouvelles s’agissant des dépenses des collectivités locales et de la sphère sociale”, a-t-il expliqué.
Les chiffres de l’Insee lui permettent même de remettre sur la table l’objectif du gouvernement de réduire le déficit à 5,4% en 2025, et ce, malgré des prévisions de croissances pessimistes. “Tant qu’on n’est pas à 3% de déficit, la dette augmente”, a-t-il rappelé. Et celle-ci, qui “pèse sur les générations futures”, est une autre source de préoccupations, ayant atteint elle aussi un record.
Une dette publique record
Au quatrième trimestre 2024, la dette publique a atteint 3305,3 milliards d’euros, soit 113% du PIB, explique l’Insee. Un nouveau record avec près de 4 milliards d’euros de plus, après avoir déjà dépassé les 3300 milliards d’euros au trimestre précédent.
“La contribution de l'État à la dette publique diminue de 3,7 milliards d’euros, après une contribution positive de 59,8 Md€ au trimestre précédent. L’encours de titres négociables de l'État diminue légèrement (- 0,8 Md€)” tandis que “l’État diminue en parallèle sa trésorerie (-10,4 Md€) et sa détention de crédits (-0,6 Md€), si bien que contrairement à sa dette brute, sa dette nette augmente (+7,2 Md€)”, résume l’Institut de statistiques.
La contribution des administrations de sécurité sociale à la dette publique a baissé à -5,5 Md€, après +10,4 Md€ au trimestre précédent mais la dette publique des administrations publiques locales a augmenté de 11,9 Md€ contre +1,3 Md€ au trimestre précédent.
Mais là encore, l’exécutif se félicite de résultats inférieurs aux prévisions du gouvernement Barnier, qui estimait que la dette nationale atteindrait son pic en 2027, à 116,5% du PIB. Le même exécutif avait tablé sur un retour du déficit sous les 3% d’ici en 2029, objectif maintenu selon la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
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